Deep thoughts

Débuts. 

Mon premier tag je l’ai fait lorsque j’étais en cinquième (1990/91), sur la voiture du conseiller d’education, personne ne l’aimait, il n’aurait jamais du travailler avec des adolescents. J’ai juste voulu catalyser ce que tout le monde ressentais en taggant sur sa voiture avec une camarade de classe. Il m’est arrivé parfois après cela de prendre un marqueur Onyx et d’écrire quelques pseudos, de façon vraiment sporadique. 

Motivations.

Je me souviens peu après 1993 avoir pris des cans pour aller peindre dehors, j’avais vraiment envie de montrer au monde que je n’étais pas juste un objet, une femme, un être inanimé. Ce qui pouvait m’animer était justement de prendre la parole, d’agir sur le monde. J’aurais pu écrire un discours, faire de la politique m’engager dans une association, mais chaque être est unique, différent, j’ai choisis de prendre une bombe de peinture, un pseudo et d’aller la nuit tagger les murs de ma ville. Je voulais qu’on me voit, qu’on voit que je ne suis pas juste un objet marqué par le gouvernement d’un numéro ( celui de ma cni, mon passeport, ma carte vitale ). Je voulais troubler l’image lisse de la ville, les murs blancs de ces bâtisses qui abritent des secrets inavouables, cette façon que l’etat a de nous éduquer, de façon à travailler pour alimenter les comptes en banques des grosses firmes, ces lois agencées qui ne vont que dans le sens des puissants, ces policiers qui ne sont là que pour protéger le pouvoir. Je regardais la nation être bâillonnée par la constitution, et chacun était enfermé dans sa maison à compter ses fonds de pension. 

Réflexions.

Les révolutions françaises ont remplacé l’aristocratie par une classe de la bourgeoisie qui reprosuissait un système hiérarchique où le bonheur n’était pas redistribué mais jalousement conservé par une poignée de financiers. des gens pouvaient dormir dehors, recevoir un obus a tout moment, être violé avec un tesson, se servir d’un aka 47 à neuf ans, être tué-e par son conjoint-e, ses parents, des pédophiles peuvent prendre un siège à l’assemblé nationale, les forêts décimées, les eaux souillées, les animaux massacrés, tout était orchestré comme un cauchemar. 

Certains humains ne savent pas comment peupler le monde et rien n’est organisé au niveau politique pour que cela change parce que maintenir un taux de délinquance et criminalité acceptable permet de légitimer la place d’un état au sein de la nation, de lois en apparence faites pour protéger le peuple mais qui au fond ne protègent que la position des puissances et constitue l’architectonique d’une société agencée de façon pyramidale.

Je pense que c’est cette situation sociale et économique qui nous inscrit dans un rapport hiérarchique aux autres, selon si on est un enfant, une femme, un blanc, un noir, un jaune, un cadre supérieur, un ouvrier, qui fait qu’un jour j’ai pris une bombe pour aller tagger sur la société bâtie sur ces fondements non équitables. Je voulais sortir de cette case qu’on m’avait assignée. Celle d’une femme soumise à l’homme, aux figures autoritaires, dans un monde où rien ne nous appartient vraiment et ce jusqu’à notre mort, où nous étions condamné à payer même pour être enterré. Tout se monnayait. Nous sommes juste des pions sur un échiquier, on porte des prénoms pour décorer, ou bien est-ce parce que c’est plus facile de s’appeler Marie ou Antoine que 567 987 456 ou 456 786 098 ? Parce que même la ça nous aurait peut être rendu plus intelligents de devoir se souvenir de 9 numéros. 

Epiphanie.

Je revois ce jour comme une épiphanie où je me promenais dans le Paris haussmannien, une des plus belles villes du monde en partie parce qu’elle a aussi été épargnée par les bombardements. Je suis vers la gare d’Austerlitz, à contempler Paris, me dire combien cette ville est belle, le monde est beau, avec ses bâtisses en pierres de St Maxime taillées, ses moulures, ses dorures. Elles font disparaitres les douleurs  de la ville par sa beauté et là je passe sur le pont, je regarde en bas, et vois un métro peint. Je reviens à la réalité et me dit que tout n’est pas si beau, sa violence me frappe, celle commise par les états sur les nations et au niveau micro sociale et économique, le quotidien balayé par les faits divers. 

Constats.

Il est possible que Maria Montessori puisse avoir raison et que nous puissions vivre dans monde harmonieux à condition de pouvoir apporter une éducation assez consciente aux futurs adultes dès le plus jeune âge. Mais pour l’instant les principes éducatifs sont plus étudiés pour fournir une force travail potentiel aux financiers qu’éduquer des êtres vivants qui pourront s’inscrire dans une logique d’un système environnemental  harmonieux. 

J’ai l’impression qu’on nous fait perdre notre temps en savoirs parfaitement inutils car trop théorique et ce dès la maternelle. Là où nous pourrions apprendre nous défendre de façon physique et législative, de connaître les propriétés des aliments afin de conserver une bonne santé, pouvoir nous soigner nous même et n’avoir besoin des corps de métiers concerné qu’en dernier recours. d’apprendre à jouer avec des concepts philosophique plus tôt…

Il est certain qu’à l’école on nous bourrait le crâne avec beaucoup de théories mais peu de pratique, comme si elle sa volonté intrinsèque était de nous remplir le cerveau de presque rien ou pas grand chose pour nous occuper un tier de la journée. Nous donner l’illusion d’avoir fait quelque chose d’être instruit. 

Nous aurions pu apprendre à développer nos capacités : lecture rapide, art de la mémoire pour rendre nos apprentissages plus performant en les facilitant, au lieu de cela on nous rabachait des savoirs selon une méthode plus proche du harcèlement que de l’éducation ce qui la rend parfaitement stérile là où la mémoire fonctionne mieux par association d’idées. Et l’école n’est que du par coeur…

il est certain en taggant que je cherchais à être “ libre “, ou du moins non entravée dans cette hiérarchie,  je cherchais l’autonomie plus que la liberté. Je voulais être indépendante, autonome ou non dépendante de tous ces corps de métiers qui nous infantilisent : avocats, police, docteurs… Ces figures d’autorités qui nous sont imposées comme des lobbys.

Peut-être que nous aurions pu tous être ensemble.

Peut-être que plutôt que de nous diviser en genre, classe, et sexe nous aurions pu être uni pour construire un monde où chacun est heureux, et non soumis à une hiérarchie pour les besoins d’une puissance quelconque. Mais peut-être qu’en divisant ils règnent mieux, peut-être qu’en nous divertissant ils règnent mieux, peut-être qu’on nous cultivant nous pourrions façonner un concept de société plus conscient, plus sain pour chacun, et ces puissants régneront moins bien…

Peut-être que nous sommes elevé dans la violence, alors qu’avec de la communication, de la compréhension, de la douceur, nous aurions pu éviter de nous haïr pour nous comprendre et nous unir. mais le monde crée des barrières entre nous et peut-être qu’au final on se demande pourquoi s’unir, et si nous pouvons juste remplir un réfrigérateur et payer nos factures cela suffit à notre bonheur personnel. 

Alors que faire, comment peupler le monde ? Devons penser à remplir un réfrigérateur de tous ces produits remplis de pesticides, de colorants, qui ont été arrachés à la terre par exploitation éhontée de son sol, au détriment du vivant ? Devons nous porter ces vêtements trop chers au prorata de la qualités usiné par des gens sous-payé à l’autre bout du monde ? Devons nous injecter dans notre voiture un carburant qui exalte des guerres, pourrie la terre ? Manger des gâteaux qui ont quinze emballages de trop ? 

Quelle conscience avons-nous de tous cela quand tout ce qui intéresse les fabricants de ces produits est non de réduire leurs emballages, passer à des énergies plus vertes, mieux payer les ouvriers qu’ils considèrent comme leur propriété,échanger les pesticides contre des coccinelles, mais simplement faire du profit.  

Devons nous adopter une pensée plus globale qu’une idéologie focalisé sur le nombril des bénéfices qui alimenterons les comptes en banque des actionnaires majoritaires ?

Devons nous continuer à alimenter un système qui ne nous convient pas et ou les seules consolations se trouve dans la consommation, ou bien et c’est le mot spiritualité qui me vient, chercher le bonheur pour tous afin que chacun soit heureux, non inquiété par les perversions des autres qui gangrène la société ?

Une autre proposition politique basé sur un concept hédoniste.

Mais peut-être que pour ca faut avoir un vrai programme économique et social qui modifie en profondeur les fondements actuels de la société basé sur le libéralisme, le communautarisme selon la sainte et machiavélique maxime :  “ diviser pour mieux régner ”. Il est aussi possible que le mot liberté ne soit que l’écho marketing du concept économique cité plus haut. Il est probablement nécessaire de modifier en profondeur ces concepts philosophico-économiques et que cela nécessite beaucoup de culture savante ( et non asphyxiante pour reprendre le titre du livre de Jean Dubuffet ). Ces cultures mainstream, pop… sont très plausiblement juste prévues pour divertir et non développer l’esprit critique. Si nous avions appris à l’école à mieux développer notre esprit critique nous pourrions longuement nous interroger sur notre place au sein de ce monde. Et au delà d’un deconstructivisme apporter une construction organisée par et pour la nation. Cette possible construction venant de chacun se fonde sur une logique plus rhizomatique que pyramidale, elle distribuerait connaissances et conscience à chacun et apporterait également pouvoir et autonomie à tous.

Dans ce contexte de société du divertissement, il peut apparaître comme une critique de la société que de tagger dessus. Cette trace humaine comme un cri de révolte semble re-humaniser la ville, si froide de ses bâtisses, si hautes tant bien même si belles parfois.

Le surconstructivisme comme suite logique à la déconstruction. 

La plupart des industriels ne changeront pas ou de façon très lente leur façon de faire du profit, il ne troquerons pas aussi rapidement leur pompe à pétrole contre les pouponnière à algues, il faut créer des nouvelles entreprises usant des technologies plus bleues pour dérober des parts de marché aux dinosaures qui règnent sur le marché. Si Danone ne veut pas par exemple produire des produits plus “ vert “, ou bien s’inscrivant dans une économie plus bleue, alors c’est au marché concurrentiel d’être assez compétitif pour proposer des produits plus vert, ou bleu plutôt, vu la supercherie de ce qu’est le “vert” .

Je pense que chacun s’inscrit comme il peut dans le monde, j’ai choisi l’art pour venir le troubler car j’en avais les compétences, je suis meilleure artiste que je ne peux être commerciale, ou ingénieur, bien que j’aurais pu, j’ai les compétences intellectuelles pour. je viens troubler le champs visuel car c‘est mon domaine, l’image, comme d’autre viennent troubler le marché concurrentiel en mettant sur le marché des produits plus bleu.

Le surconstructivisme comme la suite logique d’une déconstruction, on apporte une solution.